Rétro - Decorzent, Nasri, Boyer, Penalva...Quand Clapier s'est mis à vibrer.

Le SC Orange a vécu bien des émotions durant toute son histoire. En 1996/1997, l'euphorie a même gagné les rangs du SCO au cours d'une saison historique pour le club vauclusien. C'était le temps d'une montée en CFA2, d'une incroyable épopée en coupe de France. Vingt ans plus tard, Charly Decorzent, Simon Boyer, Diego Penalva et Kader Nasri se souviennent.

Construite par Michel Castanier, président ambitieux de l'époque, l'armada orangeoise avait un objectif clair en tête à la fin de l'été, au moment de reprendre le championnat. Pourtant, si le fil rouge de la DH conduira les Orangeois vers le titre au printemps 97, c'est dans une autre compétition qu'ils marqueront l'histoire du football vauclusien. C'est en coupe de France qu'ils en écriront l'une des plus belles pages.

Après plusieurs tours parfaitement négociés dont notamment une entrée en matière à Cuges où les Orangeois avaient largement dominé leur adversaires (14-1), ils accueillent Toulon au 7e tour. L'équipe de la Rade arrive à Clapier avec son statut de professionnel. Entraîneur du SCO à l'époque, Charly Decorzent se souvient de cette rencontre : "dans mon esprit, la coupe était plus un handicap qu'autre chose. Je ne pensais qu'au championnat et l'objectif de rejoindre la CFA2. J'ai toujours dit aux joueurs que cette compétition était là leur. Ils pouvaient construire leur histoire, leurs souvenirs. Pour eux, c'était magique". Face à l'ogre toulonnais, les Orangeois avaient alors sorti le match parfait. Entreprenants, ils avaient ouvert le score par l'intermédiaire d'un Kader Nasri dans tous les bons coups. Dans un stade Marcel Clapier plein à craquer, les hommes de Decorzent s'étaient fait rejoindre dans le match. Sans pour autant craquer. C'est alors que le technicien vauclusien avait fait un choix fort dans son système : "avant l'heure de jeu, je décide de faire rentrer Michel. Peu après, je n'étais pas convaincu par le joueur et je le fais sortir. Ce n'était pas un choix merveilleux pour lui mais ça a été payant par la suite". En effet, le nouvel entrant, Guidet, allait s'illustrer dans les prolongations en ramenant les deux formations à égalité à quelques secondes de la fin du match (2-2) : "les attaquants s'étaient battus comme des chiffoniers durant tout ce match et ça avait payé", confie l'entraîneur vauclusien. Voilà le SCO aux penaltys face aux Toulonnais : "là il n'y avait plus d'écarts de niveau. On avait réussi à les faire douter durant toute la partie", explique Simon Boyer. Après une séance maîtrisée, les milliers de spectateurs amassés autour du terrain de Clapier pouvaient exultés. Le SCO venait de s'offrir le scalp d'un club professionnel au terme d'une prestation de haute-volée.

"On aurait dû attendre tranquillement les prolongations"

Le tirage au sort des 64es de finale réservait un nouveau choc pour le SCO avec la réception de Martigues, candidat à l'accession en D1 et qui comptait dans ses rangs un certain...Djamel Belmadi, futur marseillais. Pour ce grand rendez-vous, l'équipe orangeoise était privée de son défenseur central et comptait un Diego Penalva diminué par une grippe qui avait donné quelques soucis à Charly Decorzent : "ma plus grande interrogation avant ce match c'était de savoir si je faisais jouer Diego. Il méritait d'être là". Revenu de St-Etienne après avoir passé deux saisons dans le Forez, le jeune Vauclusien se souvient qu'il n'était pas dans les meilleures conditions pour disputer ce match : "j'avais plus de 40 de fièvre, mais ce jour-là, j'avais pris du Guronzan (rires)". Réunis au Campanile pour une causerie d'avant-match pleine de souvenirs, les Orangeois avait abordé la rencontre sans complexe. Comme face à Toulon. Alors qu'ils avaient dominé le match, les Vauclusiens avaient fini par craquer à quelques secondes du terme de la partie (0-1), sur un but de Rémy qui reste encore en travers de la gorge de Charly Decorzent : "ce que je retiens du match c'est qu'on fait une grosse erreur alors qu'on aurait dû attendre tranquillement les prolongations. Même vingt ans plus tard, je m'en souviens très bien". Impliqué dans l'action qui a amené au but martégal, Diego Penalva rajoute : "on a l'occasion pour marquer, je la rate et dans la continuité, c'est eux qui font la différence". Sur un détail, le rêve orangeois est donc passé. Mais ces grands rendez-vous ont marqué l'histoire d'un club qui a pu surfer sur cette vague dans les années suivantes comme le confie Simon Boyer : "c'est à travers ces exploits qu'un club avance. Une dynamique a pu se créer et ça venait récompenser le travail des dirigeants qui s'employaient à faire vivre le SCO". Et à la fin de cette fantastique saison 96/97, le SCO validait sa place en CFA2, remportait la coupe Rhône-Durance. Diego Penalva partait à Martigues alors que Kader Nasri s'envolait sur le Rocher. Rien que ça. L'attaquant vauclusien se rappelle de cette saison charnière, si importante dans sa carrière : "je dois beaucoup à Charly. Il m'a fait progresser dans mon jeu. J'étais un attaquant et je suis devenu un buteur grâce à lui. En tout cas à 17 ans, j'ai passé une année extraordinaire avec tout ce groupe"

Dans les tribunes au moment de la grande épopée, Cylien Clément, alors en poussins, se souvient de cette ambiance unique : "c'était noir de monde. Tous les jeunes du SCO voulaient revivre ça en seniors avec le club. Je n'ai pas connu pareille foule par la suite. C'était dingue et on avait fait beaucoup de bruit (rires)", explique le défenseur qui a passé de nombreuses saisons sous les couleurs orangeoises. Ving ans plus tard, plus aucun club vauclusien n'a réussi pareille performance. Les 64es de finale résistent encore aux équipes du département. Et si on remédiait à ça?

 

 

Le groupe orangeois 96/97

Bourdarel - Gelsomino - Bultieaux - Druinot - Boyer - Thiers - Agniel - Bolard - Blanquet - Christen - Penalva - Discours - Boissinot - Guidet - Audibert - Luongo - Sarrantis - Nasri - Michel - Charrier - Boucher

Staff : C.Decorzent - F.Braille - Pommier - G.Chabaud - Gibert (docteur)

 

La rédaction

 

 

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